Une amitié inattendue

Lorsque ma santé a décliné, j’ai eu besoin d’aide pour mon ménage. Dans un délai assez court, une gentille dame turque est venue me dépanner. Elle parlait mal le néerlandais mais nous arrivions à nous comprendre. La deuxième fois qu’elle est venue, elle m’a demandé : « Vous êtes catholique ? » Elle avait vu des crucifix et des statues de Marie dans mon appartement. J’ai dit :
« Oui, et je pense que vous avez une autre religion. Vous êtes musulmane ? » Je lui ai dit que la religion n’avait pas d’importance, tant que nous étions bons les uns envers les autres. L’amour vient en premier dans toutes les religions. Elle était très heureuse que je la respecte et une grande amitié s’est développée entre nous. Cela s’est manifesté par toutes sortes de petites choses concrètes. Un jour, elle m’a dit que sa petite fille ne pouvait pas aller à l’école ; elle ne savait pas à qui la confier alors qu’elle devait aller travailler. Je lui ai spontanément suggéré de l’amener chez moi. J’ai un coin avec des jouets, et là sa fillette a pu jouer. C’était une belle surprise pour elle. Lorsqu’elle a dû en urgence chercher une nouvelle maison alors qu’elle n’avait pas immédiatement les moyens financiers de le faire, je lui ai manifesté de la compassion et j’ai essayé de trouver comment l’aider. C’était magnifique de pouvoir lui donner de petites choses dont je n’avais plus besoin. Et notre amour était réciproque : un jour, par exemple, elle m’a apporté un délicieux pain turc aux herbes. C’était sa façon de me donner de la joie.
Adrienne W., Pelt (Belgique)

Tiré de la revue Nouvelle Cité janvier-février 2022

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